aromo

Oh arthur arthur. we are in Abyssinia Aden. making love smoking cigarettes. we kiss. but it’s much more. azure. blue pool. oil slick lake. sensations telescope, animate. crystalline gulf. balls of colored glass exploding. seam of berber tent splitting. openings, open as a cave, open wider, total surrender.

—Patti Smith, from “dream of rimbaud”
Swetlana Geier
Pour la traduction, la représentation d’un transport n’est pas une métaphore suffisante. Il ne s’agit pas d’un transport, puisque les bagages n’arrivent jamais. Moi je me suis toujours intéressée à ce qui s’est perdu en route. Ce qui m’a intéressée c’est ce qui doit rester de la traduction au-delà de la nouveauté. 

Swetlana Geier

Pour la traduction, la représentation d’un transport n’est pas une métaphore suffisante. Il ne s’agit pas d’un transport, puisque les bagages n’arrivent jamais. Moi je me suis toujours intéressée à ce qui s’est perdu en route. Ce qui m’a intéressée c’est ce qui doit rester de la traduction au-delà de la nouveauté. 

carnetsdiass:

Le banc 
Il tournait autour de son banc, l’air un peu désorienté. De près, on comprenait mieux. Qu’il ne devait pas bien savoir où il était, ni ce qu’il y faisait. Il avait cet air que l’on a quand on cherche quelque chose, quelque chose de perdu. Il s’est baissé pour caresser le chien, avec un sourire, timide, au travers de son air vague. Avant de retourner vers son banc, enfin celui qu’il croyait être le sien. Et de regarder d’un côté, puis de l’autre. En dessous aussi. Mais pourtant, rien sur ce banc. À travers les volutes d’alcool, la panique qui gagne les rares neurones encore en mesure de formuler un raisonnement plus ou moins logique. “Mon sac. Ils m’ont pris mon sac”Et de continuer sa recherche méthodique, de poche en poche. Pantalon, devant, derrière. Veste. À l’interieur puis a l’exterieur. Mais non, rien.“Mon portefeuille.”On a tous connu ces moments de solitude, l’esprit qui passe en surchauffe à énumérer les conséquences. Les emmerdes qui s’empilent, les papiers à refaire. Perdus. Ça n’a duré qu’une minute. Pas plus.Mais c’est long, une minute, quand on ne sait pas où se mettre. Le prétexte de la promenade de santé canine comme une excuse parfaite pour reprendre son chemin, laissant là ce pauvre type, ivre, perdu et sans ses affaires. Continuer, jusqu’au banc suivant. Ou reposent, nonchalamment, les précieuses possessions du passant. Sa casquette, d’abord, mais aussi son tabac à rouler et son portefeuille. Posée par terre à côté, une bouteuille en plastique, sûrement pas la premiere de la journée. Mais qu’importe le vin, non ?Rien ne ressemble plus a un banc public qu’un autre banc public.Je l’appelle. Sans succès. Reviens sur mes pas, pour le lui dire, qu’elles sont là, ses affaires. Il lève la tete, puis court presque pour aller voir. Soulagement. Et puis, comme ca, sans prevenir, il me prend dans ses bras. Longtemps. C’est toujours étrange, tenir un parfait inconnu dans ses bras.Il paraît que je suis formidable.

carnetsdiass:

Le banc

Il tournait autour de son banc, l’air un peu désorienté. De près, on comprenait mieux. Qu’il ne devait pas bien savoir où il était, ni ce qu’il y faisait. Il avait cet air que l’on a quand on cherche quelque chose, quelque chose de perdu. 
Il s’est baissé pour caresser le chien, avec un sourire, timide, au travers de son air vague. Avant de retourner vers son banc, enfin celui qu’il croyait être le sien. Et de regarder d’un côté, puis de l’autre. En dessous aussi. Mais pourtant, rien sur ce banc. À travers les volutes d’alcool, la panique qui gagne les rares neurones encore en mesure de formuler un raisonnement plus ou moins logique. 
“Mon sac. Ils m’ont pris mon sac”
Et de continuer sa recherche méthodique, de poche en poche. Pantalon, devant, derrière. Veste. À l’interieur puis a l’exterieur. Mais non, rien.
“Mon portefeuille.”
On a tous connu ces moments de solitude, l’esprit qui passe en surchauffe à énumérer les conséquences. Les emmerdes qui s’empilent, les papiers à refaire. Perdus. 
Ça n’a duré qu’une minute. Pas plus.
Mais c’est long, une minute, quand on ne sait pas où se mettre. Le prétexte de la promenade de santé canine comme une excuse parfaite pour reprendre son chemin, laissant là ce pauvre type, ivre, perdu et sans ses affaires. Continuer, jusqu’au banc suivant. Ou reposent, nonchalamment, les précieuses possessions du passant. Sa casquette, d’abord, mais aussi son tabac à rouler et son portefeuille. Posée par terre à côté, une bouteuille en plastique, sûrement pas la premiere de la journée. Mais qu’importe le vin, non ?
Rien ne ressemble plus a un banc public qu’un autre banc public.
Je l’appelle. Sans succès. Reviens sur mes pas, pour le lui dire, qu’elles sont là, ses affaires. Il lève la tete, puis court presque pour aller voir. Soulagement. Et puis, comme ca, sans prevenir, il me prend dans ses bras. Longtemps. C’est toujours étrange, tenir un parfait inconnu dans ses bras.
Il paraît que je suis formidable.


Virginia Woolf at 18.

“He [Leslie Stephen] has presented me with a set of gardening tools - and commands me to convert the back garden - Already we have created a flower bed (minus the flowers it is true) and we propose to renew the grass - to have a border of lilies and other flowers - to rake the whole place clean - in short do not be surprised if you behold a miniature Kew when you are next here - Then, that we may not be wholly ornamental and wasteful - when the winter comes the flower beds are to be planted with cabbages - and one of these days we hope to install a cow or at least a sheep on the luxuriant pastures.” — Virginia Woolf in a letter to her brother Thoby Stephen, 14 May 1897.

Virginia Woolf at 18.

“He [Leslie Stephen] has presented me with a set of gardening tools - and commands me to convert the back garden - Already we have created a flower bed (minus the flowers it is true) and we propose to renew the grass - to have a border of lilies and other flowers - to rake the whole place clean - in short do not be surprised if you behold a miniature Kew when you are next here - Then, that we may not be wholly ornamental and wasteful - when the winter comes the flower beds are to be planted with cabbages - and one of these days we hope to install a cow or at least a sheep on the luxuriant pastures.” — Virginia Woolf in a letter to her brother Thoby Stephen, 14 May 1897.

(Source: sketchofthepast)

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—Dirty Projectors + Björk - On and Ever Onward

Dirty Projectors + Björk = Mount Wittenberg Orca.

❤ deeeeeep love. deeeeeep joy.

september is a chaï tea latte, light sapphire blue, a gentle wind, stationery (a lot) and Electrelane’s album No Shouts No Calls.

september is a chaï tea latte, light sapphire blue, a gentle wind, stationery (a lot) and Electrelane’s album No Shouts No Calls.